Le mois du Ramadan, qui commence cette année le vendredi 20 juillet, peut être une excellente occasion d’essayer d’arrêter de fumer si vous voulez : vous abstenir de manger et de boire du lever au coucher du soleil, et vous abstenir complètement de fumer après la tombée de la nuit. Voici quatre conseils utiles (et pas chers).

Chaque souhait auquel nous faisons face nous rend plus fort

Le ramadan est l’occasion de ressentir ce qui se passe lorsque l’envie de fumer survient : elle ne fait mal nulle part, elle passe rapidement si on ne s’y attarde pas, si on l’accepte et si on la laisse tranquillement disparaître. Chaque envie de fumer que nous rencontrons nous renforce en vue d’une abstinence à long terme du tabac, ce sont des millions d’ex-fumeurs se réjouissent certainement.

Pour le fumeur qui essaie d’arrêter de fumer, chaque heure d’abstinence est une petite victoire qui le rend plus fort et plus fier. Au cours des trois premières semaines, l’envie de drogue se manifeste plus souvent, puis elle devient épisodique et ensuite peu fréquente : il suffit généralement de s’en sortir une cinquantaine de fois de suite pour éviter une rechute.

À la fin du Ramadan, le sevrage prend fin et une nouvelle vie de non-fumeur commence ! Contrairement à ce que l’on croit, les envies de fumer n’augmentent pas avec le temps : ce ne sont que des signaux, pas plus alarmants que le besoin d’uriner, dont la fréquence diminue après les trois ou quatre premiers jours.

Gérer son irritabilité

L’irritabilité augmente pendant le jeûne. Elle atteint son maximum au cours de la quatrième semaine et revient à la normale dans la semaine qui suit le jeûne. Selon une étude menée par la Fondation Hassan II pour la recherche scientifique et médicale Ramadan (FRSMR), cette irritabilité présente certaines caractéristiques :

  • Elle augmente de façon plus importante chez les fumeurs,
  • Elle est également étroitement liée à la tranche d’âge, les jeunes ayant moins de contrôle sur leurs émotions,
  • l’irritabilité est plus importante chez les couples que chez les célibataires,
  • En outre, une forte corrélation a été démontrée entre la consommation de café et de thé et le degré d’irritabilité. Ainsi, plus une personne à jeun consomme ces stimulants, plus elle devient agressive.

Les médecins conseillent donc aux personnes facilement irritables de commencer à réduire progressivement leur consommation de stimulants et de cigarettes au cours de la semaine précédant le jeûne.

 Médicaments : généralement inutiles et non recommandés

Contrairement aux affirmations des tabacologues formés (formulés) par les laboratoires pharmaceutiques – 98% de la formation médicale continue en France est financée par l’industrie, selon l’IGAS – l’utilisation des soi-disant “substituts nicotiniques” n’est pas recommandée aux fumeurs en bonne santé pour réussir leur démarche. L’arrêt définitif du tabac est un processus d’apprentissage.

La croyance qu’un produit magique vous protégera de toute tentation future est une pure illusion. Le problème ne réside pas tant dans la période de sevrage tabagique proprement dite, lorsque l’envie correspond au besoin physique, que dans l’abstinence à long terme : aucun produit ne vous aidera. À l’inverse, tenir un doudou pharmaceutique pour la première fois ne vous aidera pas à apprendre à faire face à la tentation.

Ces produits sont des mensonges marketing, bien orchestrés, y compris par des agences officielles, pour vous faire acheter des produits très rentables qui sont non seulement inutiles mais aussi contraires à vos intérêts. La période du Ramadan est une occasion fantastique d’apprendre à gérer les épithètes du marché et aussi d’apprendre à gérer les risques du marché.